Céline Minair, Infirmière littéraire

Je suis infirmière littéraire. Je prends soin des gens et de leurs histoires grâce aux livres et à l'écriture, à travers la biographie et la bibliothérapie narrative.

D’aussi loin que je me souvienne, j’aime les livres et les histoires, qu’il s’agisse de les lire ou de les écrire. Sauf qu’on me dit que ce n’est pas un métier.

Tout commence par une envie profonde d'aider l'autre, qui m'amène d'abord vers un DUT Carrières Sociales. Mais à l'époque, je cherche encore ma place.

Passionnée par l'art et les récits, je bifurque vers l'Histoire de l'Art. Je valide mon bac+5 avec la mention Très Bien.

La réalité me rattrape : les places dans ce milieu sont rares, je me retrouve à travailler dans l'administration, puis dans l'informatique par raison. Jusqu'au burn-out. L’informatique était trop éloignée de qui je suis réellement.

Mon parcours n'est pas une ligne droite, c'est un chemin de cœur.

Lors de mon bilan de compétences, un lapsus change ma vie. En voulant évoquer le métier de ma mère, infirmière libérale, je prononce : « Infirmière littéraire ».

Cet accident poétique est mon déclic. Prendre soin des gens, comme le fait ma mère, mais à ma façon de littéraire, avec les livres et l’écriture.

Je me forme alors avec rigueur à la biographie (Isabelle Sarcey), à la bibliothérapie créative (Régine Detambel), à la psychogénéalogie (Véronique Bouquet) et à l’approche narrative (Pierre Blanc-Sahnoun).

Aujourd'hui, je réconcilie mon empathie naturelle et mon amour des livres. Mon rôle ? Vous aider à trouver la juste distance avec votre histoire, à la mettre en lumière et à la transmettre.

Pour les prises de sang, voyez avec ma mère.

Pour prendre soin de vos souvenirs, prenez rendez-vous avec moi.

Qui suis-je ?

Une rencontre : René Lalique

Après mon bac Littéraire, option arts plastiques, je fais des études dans le social. L’humain est très important pour moi mais j’ai plutôt envie d’étudier l’histoire de l’art. En discutant avec la femme de ménage de la résidence étudiante où j’avais mon appartement, je découvre René Lalique, un champenois comme moi.

Un matin, elle m’entraîne dans son petit local, pour me montrer un flacon Lalique bien emballé dans un petit carton. Elle ne sait pas que c’est une véritable rencontre, un tournant dans ma vie.

Décembre 2024, huit ans que je n'étais pas retournée au musée Lalique à Wingen-sur-Moder.

Une chanson : Signatune de DJ Medhi

J’ai repris mes études supérieures à zéro, j’étudie avec passion l’histoire de l’art à Tours. Je suis fébrile en attendant les résultats du premier semestre. Je rafraîchis la page de l’ENT régulièrement, en écoutant de la musique. C’est Signatune de DJ Medhi lorsque je découvre mes résultats. Des notes incroyables, auxquels je n’ai jamais osé rêver.

Et cette musique, ce clip, … J’y vois des clins d’œil avec mes origines populaires du nord-est, terre de tuning et de bien plus encore. Cette musique est devenue ma chanson de la Victoire, avec un V majuscule. Elle m’émeut encore aujourd’hui.

Un pays : le Japon

J’ai peur de prendre l’avion et j’ai plein d’a priori sur ce pays. Je ne lis pas de manga, je ne suis ni geek, ni fan de cosplay, je ne mange pas de poissons, alors comment ça va se passer ?

Le coup de cœur ! Un apaisement, une évidence, une nouvelle renaissance. Je découvre que je suis croisée japonaise. C’est mon côté perfectionniste, ma discrétion, ma diplomatie, ma sensibilité, mon goût pour l’esthétisme, mon attachement à la nature, la spiritualité, entre autres. Je me sens moins bête quand j’attends que le petit bonhomme passe au vert pour traverser aux passages piétons.

Je commence à apprendre le japonais dès notre retour en France, je découvre la littérature japonaise, la calligraphie, le sumi-e et plein d’autres choses passionnantes.

Photo prise dans la Maison Ohashi-ke, à Kurashiki (Japon) en mai 2024.

Une gourmandise : les dattes

Je n’ai pas trouvé le job de mes rêves. Je travaille comme gestionnaire de formations à l’université de Nantes. J’aime bien être dans le rôle des petites mains qu’on ne voit pas mais qui font que tout fonctionne bien. Les indispensables invisibles. Je suis aux petits soins aussi bien pour « mes étudiants » que pour les enseignants et nos partenaires externes. Il y a des apprenants qu’il faut un peu plus accompagner que d’autres, mais ils sont attachants et généreux. Je découvre les pâtisseries orientales et je déguste les meilleures dattes que j’ai jamais mangées ! Il m’arrive d’en acheter et je les savoure avec une petite pensée pour eux, pour ce moment à la fac de droit.

Une moquette bleue

En parallèle de mon travail à la fac de droit, je préparais les concours pour travailler dans un musée. Je m’intéressais alors aux liens entre l’art et le numérique. De fil en aiguille, j'ai découvert le développement informatique. Je voyais dans l’informatique une opportunité porteuse pour mon avenir. Après une formation intense de 6 mois à l’issue de laquelle j'ai validé un bac+2 en développement informatique (je suis une bosseuse), j’intègre tout de suite le service informatique d’un bailleur social.

Pendant plusieurs années, je travaille dans un open space avec une vilaine moquette bleue au sol. En allant vers l'immatériel de l'informatique, j'ai paradoxalement pris conscience de ce qui me manquait viscéralement : les bienfaits de l’écriture manuscrite, le poids d'un livre, l'odeur du papier et la texture d'une histoire qu'on peut tenir entre ses mains.

Aujourd'hui, je travaille toujours sur l'immatériel (la mémoire, les souvenirs, les silences) mais c'est pour mieux les ancrer dans la matière. Je suis d'ailleurs incapable de lire sur une liseuse : une vie mérite mieux qu'un écran, elle mérite l'éternité d'un bel objet. Relira-t-on nos SMS dans 40 ans ? Pas sûre !

Des discours de pot de départ

Au service informatique, je répétais que je voulais être happiness manager (j’aurais eu du boulot !) Être heureux au travail devrait être une réalité pour tous. Je savais bien que cette idée était irréalisable, mais j’avais envie de contribuer au mieux-être des autres. J’étais surtout la petite littéraire créative dont on se demandait ce qu’elle faisait là, au service informatique. Je prenais plaisir à écrire les mails pour inviter mes collègues à tester la nouvelle version de l'ERP et je suis devenue celle qui écrit les discours de pot de départ, avec sincérité et une touche d’humour.

Un lapsus : infirmière littéraire

Je commence un bilan de compétence. Dès les premières séances, alors que je veux évoquer le métier de ma mère, je fais ce lapsus en disant « infirmière littéraire ». Amatrice de jeux de mots et de poésie, cet accident poétique est le déclic.

Prendre soin des gens, comme le fait maman, mais à ma façon de littéraire : avec l’écriture et les livres. Je me forme à la biographie (Isabelle Sarcey, Iscriptura), à la bibliothérapie créative (Régine Detambel), à la psychogénéalogie (Véronique Bouquet), et à l’approche narrative (Pierre Blanc-Sahnoun).

Je suis convaincue que chaque histoire mérite d’être racontée et que livre (à écrire comme à lire) est pleine de bienfaits. Je pense aussi qu’on peut se raconter avec un brin de créativité, loin de l’image parfois désuète et poussiéreuse qui existe sur la biographie.

Je suis la complice de vos écrits et de vos récits.

Collage de juin 2024.

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