Céline Minair, Infirmière littéraire

Une histoire de transmission et de passion

Le souhait de mes parents ? Reprendre le flambeau de ma mère, infirmière libérale. Mais les enfants, ça contrarie souvent les parents. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé les livres, les lire comme les écrire. Mais on me répète que ce n’est pas un métier. Après un bac littéraire, option art plastique, je pars étudier l’histoire de l’art. Passionnant ! Mais la place sont rares dans le secteur. Je travaille d’abord dans l’administration avant qu’une reconversion de raison dans l'informatique s'impose. Le burn-out me rattrape ensuite : l'informatique, ce n'est vraiment pas moi !

Au début de mon bilan de compétence, je fais ce lapsus alors que je veux évoquer le métier de ma mère : infirmière libérale devient infirmière littéraire. Cet accident poétique est le déclic : prendre soin des gens, comme le fait maman, mais à ma façon de littéraire : avec l’écriture et les livres. Je me forme à la biographie (Isabelle Sarcey, Iscriptura), à la bibliothérapie créative (Régine Detambel) et à la psychogénéalogie (Véronique Bouquet).

Une adéquation totale entre moi et ce métier : ma passion pour les histoires et l'écriture bien-sûr, mais aussi ma sensibilité, mon empathie, ma discrétion, le goût des autres, du partage et de la transmission, exprimer sa créativité, l'amour des mots, du papier et des livres, écouter et accompagner, pour renouer avec son histoire et sa créativité, pour trouver la juste distance entre soi et son histoire.

Infirmière littéraire c'est du sur-mesure, c'est ma façon à moi de prendre soin des autres, c'est une manière de transmettre des histoires et des émotions.

Pour les pansements et les prises de sang,

prenez rendez-vous avec ma mère.

Pour vous raconter et pour vos envies d'écrire,

prenez rendez-vous avec moi.

(contrairement à maman, on peut aussi travailler à distance.)

Qui suis-je ?

Un vêtement : un jean slim jaune

Au lycée, j’ai troqué mes sarouels d’apprentie hippie contre un jean slim jaune. J’arpente l’établissement, en filière littéraire option art plastique. Je manque de confiance en moi pour me lancer dans des études littéraires et on me répète que l’art et la culture ne sont pas des options envisageables pour mon avenir.

Si vous m’avez croisé à cette époque, oubliez cette Céline-là, plusieurs grosses mises à jour ont eu lieu depuis.

À défaut de retrouver une photo de ce slim jaune mémorable, une création pliage/collage pleine de jaune.

Une rencontre : René Lalique

Je fais des études dans le social sans grande conviction, pressentant que ma place était ailleurs.

J’avais envie d’étudier l’histoire de l’art et je discutais avec la femme de ménage de la résidence étudiante où j’avais mon appartement. C’est elle qui me fait découvrir René Lalique, un champenois comme moi.

Un matin, elle m’entraîne dans son petit local, pour me montrer un flacon Lalique bien emballé dans un petit carton. Elle ne sait pas que c’est une véritable rencontre, un tournant dans ma vie.

Décembre 2024, huit ans que je n'étais pas retournée au musée Lalique à Wingen-sur-Moder.

Une chanson : Signatune de DJ Medhi

J’ai repris mes études supérieures à zéro, j’étudie avec passion l’histoire de l’art à Tours. Je suis fébrile en attendant les résultats du premier semestre. Je rafraîchis la page de l’ENT régulièrement, en écoutant de la musique. C’est Signatune de DJ Medhi lorsque je découvre mes résultats. Des notes incroyables, auxquels je n’ai jamais osé rêver.

Et cette musique, ce clip, … J’y vois des clins d’œil avec mes origines populaires du nord-est, terre de tuning et de bien plus encore. Cette musique est devenue ma chanson de la Victoire, avec un V majuscule. Elle m’émeut encore aujourd’hui.

Un pays : le Japon

J’ai peur de prendre l’avion et j’ai plein d’a priori sur ce pays. Je ne lis pas de manga, je ne suis ni geek, ni fan de cosplay, je ne mange pas de poissons, alors comment ça va se passer ?

Le coup de cœur ! Un apaisement, une évidence, une nouvelle renaissance. Je découvre que je suis croisée japonaise. C’est mon côté perfectionniste, ma discrétion, ma diplomatie, ma sensibilité, mon goût pour l’esthétisme, mon attachement à la nature, la spiritualité, entre autres. Je me sens moins bête quand j’attends que le petit bonhomme passe au vert pour traverser aux passages piétons.

Je commence à apprendre le japonais dès notre retour en France, je découvre la littérature japonaise, la calligraphie, le sumi-e et plein d’autres choses passionnantes.

Photo prise dans la Maison Ohashi-ke, à Kurashiki (Japon) en mai 2024.

Une gourmandise : les dattes

Je n’ai pas trouvé le job de mes rêves. Je travaille comme gestionnaire de formations à l’université de Nantes. J’aime bien être dans le rôle des petites mains qu’on ne voit pas mais qui font que tout fonctionne bien. Les indispensables invisibles. Je suis aux petits soins aussi bien pour « mes étudiants » que pour les enseignants et nos partenaires externes. Il y a des apprenants qu’il faut un peu plus accompagner que d’autres, mais ils sont attachants et généreux. Je découvre les pâtisseries orientales et je déguste les meilleures dattes que j’ai jamais mangées ! Il m’arrive d’en acheter et je les savoure avec une petite pensée pour eux, pour ce moment à la fac de droit.

Un logiciel : Ikos

En parallèle de mon travail à la fac de droit, je préparais les concours pour travailler dans un musée. Je m’intéressais alors aux liens entre l’art et le numérique. De fil en aiguille, j'ai découvert le développement informatique. Je voyais dans l’informatique une opportunité porteuse pour mon avenir. Après une formation intense de 6 mois à l’issue de laquelle j'ai validé un bac+2 en développement informatique, j’intègre tout de suite le service informatique d’un bailleur social. J’y occupe le poste (obscur pour beaucoup) de gestionnaire applicative. L’application phare c’est Ikos. J’ai tout donné pour que ça fonctionne mais quand on va contre sa nature, ça ne fonctionne jamais sur le long terme.

Des discours de pot de départ

Au service informatique, je répétais que je voulais être happiness manager (j’aurais eu du boulot !) Être heureux au travail devrait être une réalité pour tous. Je savais bien que cette idée était irréalisable, mais j’avais envie de contribuer au mieux-être des autres. J’étais « Madame Ikos » mais surtout la petite littéraire créative dont on se demandait ce qu’elle faisait là au service informatique. Je prenais plaisir à écrire les mails pour inviter mes collègues à tester la nouvelle version Ikos et je suis devenue celle qui écrit les discours de pot de départ, avec sincérité et une touche d’humour.

Un lapsus : infirmière littéraire

Je commence un bilan de compétence. Dès les premières séances, alors que je veux évoquer le métier de ma mère, je fais ce lapsus en disant « infirmière littéraire ». Amatrice de jeux de mots et de poésie, cet accident poétique est le déclic.

Prendre soin des gens, comme le fait maman, mais à ma façon de littéraire : avec l’écriture et les livres. Je me forme à la biographie (Isabelle Sarcey, Iscriptura), à la bibliothérapie créative (Régine Detambel) et à la psychogénéalogie (Véronique Bouquet).

Je suis convaincue que chaque histoire mérite d’être racontée, que l’écriture est pleine de bienfaits et qu’on peut se raconter avec un brin de créativité.

Infirmière littéraire, c’est de la haute couture professionnelle. Avec moi, pas de schéma rigide, je vous propose une infinité de possibilités pour vous raconter, du sur-mesure, parce que chaque histoire est unique.

Collage de juin 2024.

Créé avec © systeme.io